En 2013, le secteur protestant montre ses griffes, contre la communauté M d’Haïti. En plus des habituels sermons dominicaux sur « l’immoralité » que représentent à leurs yeux les rapports entre personnes de même sexe, les chrétiens ont décidé de marcher dans les rues.

Répondant à l’appel de leaders religieux comme Gerald Forges, le 19 juillet 2013, des milliers de personnes ont investi les artères de la capitale, et d’autres villes de province, pour dénoncer les pratiques homosexuelles. Les propos tenus avant cette marche, et pendant le défilé, ont suscité de grandes controverses.

Le pasteur Gérald Forges a ainsi déclaré que l’homosexualité ne ferait qu’apporter des malédictions et des malheurs sur le pays, comme sur les villes de Sodome et de Gomorrhe, rapportées détruites dans la Bible à cause de ces pratiques sexuelles.

Marcelin Foris, président de l’association des évangéliques d’Haïti, dans un rassemblement aux Gonaïves, a quant à lui déclaré que les animaux de même sexe ne s’accouplaient pas, tandis que des êtres humains faisaient le contraire.

Pour tous ces leaders religieux et les participants aux rassemblements, l’homosexualité est une pratique immorale, punie par Dieu.

Ces flots de propos homophobes ont porté l’association Kouraj, qui défend les droits des homosexuels, par la voix de son représentant Charlot Jeudy*, à dénoncer ces leaders religieux. « Le secteur protestant sera responsable de toutes actions subies par les nôtres, parce qu’ils connaissent les crimes qui ont été commis sous l’épithète de la religion, les différentes croisades ayant coûté la vie à des millions de personnes au nom de la religion », a dit l’activiste.

La suite des évènements lui a donné raison. En effet, le jour de la marche, qui voit des milliers de fidèles réunis dans les rues, des agressions verbales et physiques sont enregistrées. Deux individus soupçonnés d’être homosexuels ont été attaqués. D’après le Nouvelliste, deux autres personnes auraient été tuées aux environs de La Saline. Les évènements seraient liés.

Rapportés par RFI, les propos d’un jeune manifestant chrétien montrent à quel point l’homophobie était réelle. Pour lui, les homosexuels ne sont pas « de vrais haïtiens ». « Si je trouve un homosexuel là, je le frappe, je le tue même », dira-t-il.

Présent à cette marche, Jean Renel Sénatus, ancien commissaire du gouvernement, et par la suite sénateur de la République, a estimé que l’homosexualité était un danger pour la société, et la relève sociale, les enfants. Selon lui, de grandes figures de la vie nationale sont gays, et voudraient ainsi agir en faveur de la cause homosexuelle, et il fallait les en empêcher.

Les recherches montrent la prédominance des droits civils et politiques comme catégories des droits humains, se référant à la liberté d’expression et de parole, le droit de participation et le droit électoral sur le volet des droits spécifiques et catégoriels des droits humains,  comme celle liée aux minorités sexuelles.

Ce qui traduit  la méconnaissance des  droits de la communauté M en Haïti, d’où l’absence totale de l’effectivité de ces droits. Cette étude avait le souci de comprendre l’homosexualité haïtienne en corrélation avec plusieurs thèmes dont   la présence des étrangers.  70% des personnes interrogées affirment que la présence des étrangers n’a rien avoir avec cette pratique, puisque celle-ci dépasse les questions de race et de couleur.    

L’étude met aussi l’emphase sur le regard social par rapport à la communauté LGBTI en Haïti et la relation institutionnelle entre l’Etat et les différentes organisations LGBTI. Il en ressort que les violences symboliques et les violences physiques se manifestent par  des propos discriminants comme : « masisi sal, Sodome et Gomorrhe, chichi man, kase lezo».  Cela traduit  à la fois la discrimination, la stigmatisation et les préjugés à l’égard de cette communauté.  Néanmoins, la discrimination est plus dure et sévère à l’égard des gays, et porte moins sur les lesbiennes. Cela pourrait être expliqué par une forme de représentation sociale machiste qui considère la femme comme moyen de jouissance et de plaisir.

Le rapport institutionnel avec l’Etat est disproportionné et représente un vecteur de l’homophobie à travers des positions défavorables et arbitraires……L’annulation du festival de ciné massimadi en  2016 est un exemple de violation des droits humains par ceux qui sont censés les promouvoir et les protéger.

La représentation sociale de la communauté LGBTI en Haïti peut se faire sous plusieurs angles, selon les catégories représentées dans la recherche: Chez les universitaires, les professionnelles, journalistes et les artistes ou plutôt comme une manière d’aimer, un mode de vie, un péché, les effets des loas, une maladie mentale, une orientation déviante.

Même si le milieu universitaire est plus ouvert et plus réceptif, tolérant à la diversité sexuelle et à l’égard de la communauté, il considère lui aussi que c’est un effet de mode.

Dans la réalité culturelle haïtienne, les milieux vodouisants sont encore plus tolérants. Ils acceptent l’homosexualité que les autres croyances judéo-chrétiennes fustigent de manière catégorique. C’est dans des focus group que les participants ont évoqué cette tolérance. Les membres de la communauté M se disent plus confortables et se sentent plus à l’aise dans un temple vodou ( lakou ou peristil) ou dans les cérémonies vodou. La discrimination et l’homophobie sont loin d’être des éléments structurant de ces espaces sociaux. 

L’homosexualité a été perçue aussi comme une orientation déviante par rapport aux normes sociales naturalistes.

La question organisationnelle et structuration des Organisations LBGT en Haïti 

Cette partie de l’étude consacre une analyse à la structuration des organisations, leur mode de prise position et leur structuration. Pour cerner ce plan organisationnel de la lutte des droits identitaires, le focus group a permis de capter les réalités quotidiennes de ces structures.

C’est grâce aux focus groups que l’on comprend que le coming-out n’est pas facile et qu’il laisse des cicatrices au niveau de la famille allant même jusqu’à la rupture, on pourrait l’interpréter comme un effet de la représentation sociale des LGBTI. Il existe encore des membres de la communauté qui n’ont pas encore franchi cette étape de leur orientation sexuelle et identité de genre à savoir le coming-out. Cela peut parfois susciter une homophobie intériorisée. 

L’apparition des organismes LGBT est récente, pour être plus précis, après le séisme de 2010. Malgré quelques faiblesses institutionnelles et organisationnelles, ces organisations ont fait des avancées. Il revient de renforcer leurs capacités. Leur présence est également un levier du processus de légitimation au sein de la société haïtienne, et comme catégorie sociale ayant des droits et devoirs au respect des valeurs républicaines et démocratiques. 

3 Comments

Chris Prattreply
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